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Sylvie et Michel
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Île de la Réunion
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La Réunion, île de l'océan indien, est située à environ 700 Km à l'est de Madagascar et à 170 Km au sud-ouest de l'île Maurice, terre la plus proche.
Soumise à un climat tropical et située sur la route des cyclones, elle présente un relief escarpé travaillé par une érosion très marquée. Elle culmine à 3 071 mètres d'altitude au sommet du piton des Neiges et abrite par ailleurs l'un des volcans les plus actifs du monde : le piton de la Fournaise.
Ce dernier augmente régulièrement la superficie totale de ce territoire d'environ 200 Km de circonférence et qui jouit sur ses quelques 2 512 Km² actuels d'un endémisme naturel exceptionnel.
La Réunion n'a été habitée qu'à compter du milieu du XVIIe siècle, soit environ 150 ans après son apparition sur les portulans des navigateurs portugais. Jusqu'alors connue sous le nom de Mascareigne, elle devient sous celui de Bourbon une escale de la Compagnie française des Indes orientales sur la route des Indes puis, à partir des années 1710, une véritable colonie pratiquant la culture du café. Devenue une société de plantation, elle passe ensuite sous le contrôle direct du roi de France dans les années 1760 avant d'être réaffectée à l'industrie de la canne à sucre au terme des Guerres napoléoniennes. Elle est définitivement rebaptisée de son nom actuel et l'esclavage y est aboli en 1848. Malgré l'engagisme, qui se pratique jusque dans les années 1930, il s'en suit une crise économique rampante à laquelle un terme ne sera mis que suite à sa transformation en département français en 1946. La Réunion bénéficie de ce fait d'un développement rapide auquel participe son statut plus récent de région ultrapériphérique de l'Union européenne.
La Réunion et ses 2 500 Km² offrent une incroyable diversité de paysages qui s'explique par un relief montagneux impressionnant et très accidenté. Depuis août 2010, les Pitons, cirques et remparts sont inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO. En parcourant quelques Km seulement, on passe du littoral Est vert et luxuriant aux paysages lunaires du Volcan de La Fournaise. A la savanne sèche de l'Ouest et ses plages succèdent les petites routes de montagne pour accéder au Cirque de Cilaos, un des trois impressionnants canyons habités de l'Ile. La côte du Sud Sauvage est marquée par le bleu profond de l'Océan Indien qui contraste avec le vert de la végétation dense et le noir des coulées de lave solidifiées. L'île a également su préserver et mettre en valeur son patrimoine architectural à découvrir lors de promenades dans les centres historiques de St Denis et St Pierre. Plus encore que sa voisine l'Ile Maurice davantage tournée vers ses plages, La Réunion est une destination tropicale très variée.

Après 11 h de vol, nous faisons connaissance avec le piton de la Fournaise

Le piton de la Fournaise, qui culmine à 2 632 mètres, compte, avec le Kilauea, l'Etna ou le Stromboli, parmi les volcans les plus actifs de la planète et l'un des plus surveillés.
Depuis 1998, une ou plusieurs éruptions surviennent chaque année.
C'est un volcan de type effusif ou hawaiien : la chambre magmatique supérieure se remplit peu à peu de laves venues du manteau terrestre, la surface du sol se bombe puis se fissure pour permettre l’éruption. Les laves jaillissent de cratères et forment une véritable rivière qui coule parfois à grande vitesse.
Le volcan n’est pas une menace pour la population, les éruptions sont prévisibles et les risques sont avant tout matériels quand les coulées atteignent la route nationale.
C'est le volcan actif de l'île.

Cilaos et l'Îlet à Cordes

Cilaos se situe au centre de l'île, dans le cirque naturel du même nom, dans la partie sud du massif du Piton des Neiges. On accède au cirque par la route depuis Saint-Louis. Il y a environ 400 virages pour arriver à Cilaos!!!!

L'îlet à Cordes
doit son nom à l'époque durant laquelle il était occupé par des esclaves marrons, ces derniers y accédant au moyen de cordes plutôt que par des sentiers afin de ne pas laisser de traces révèlant leur présence aux chasseurs d'esclaves. Les principales activités sont le tourisme, la viticulture et la culture de la lentille introduite vers 1850. La production est d'environ 50 tonnes. C’est le climat et la formation géologique du Cirque qui donnent un goût particulier aux lentilles de Cilaos. La commune les fête chaque année en octobre.

Première journée du Patrimoine, visite du cimetière marin de Saint Paul

Construit au bord de l'océan Indien et surplombant une plage de sable noir, ce cimetière serait la dernière demeure de nombreux pirates. Parmi eux, on trouve le célèbre Olivier Levasseur, dit "La Buse", sans doute le plus connu sur l’île. Il s’attaquait aux navires les plus puissants et a ainsi pu devenir un des pirates les plus riches de l’époque. Il profita de la "charte de clémence" instaurée par le roi de France pour résider sur l’île, rendit son butin sauf une petite partie qu’il cacha dans un lieu seul connu delui même. On cherche toujours le trésor.

Conformément à un souhait exprimé dans ses poèmes, le poète parnassien Leconte de Lisle y est également enterré depuis 1977. On y trouve également la tombe du poète Eugène Dayot et du peintre Arthur Grimaud.

Deuxième journée du Patrimoine à Saint Denis

Au début de la colonisation de l'île, la capitale était Saint Paul, premier lieu d’habitation des premiers colons arrivés sur l’île. En 1738, le gouvernaeur Mahé de Labourdonnais décide de transférer la capitale à Saint Denis, dans un but stratégique, car plus difficile d’accès à la mer et par conséquent mieux défendable. La côte Est était en plein essor grâce à ses terres fertiles, et rapprocher ainsi la capitale des zones agricoles restait un choix intelligent. En 1810, les anglais qui avaient débarqué à la Grande Chaloupe (La Possession) arrivèrent néanmoins jusqu’à Saint Denis et contraignirent le gouvernement à la capitulation. L’île devient anglaise pendant 5 ans, jusqu’à la défaite des anglais à Waterloo en 1815 où les français inclurent dans le traité de Paris la rétrocession de la Réunion.

Le Piton Maïdo et le Cirque de Mafate

Le Piton Maido, qui culmine à 2 200 mètres d'altitude, offre un point de vue vertigineux sur le Cirque de Mafate, synonyme d'isolement, de solitude et d'inaccessibilité. Pour y entrer ou en sortir, il n'existe que 2 voies, celle des airs et celle des sentiers de randonnée. En effet, la difficulté de son accès, dûe à son relief tourmenté et chaotique, empêche la route de pénétrer au cœur de ce sanctuaire naturel. Le cirque est un immense chaudron au fond irrégulier, parsemé ici et là de nombreux îlets délimités par de profondes ravines où la population (environ 700 personnes), au fur et à mesure du temps, s'est fixée. Les principaux îlets habités sont au nombre de 9 : Aurère, Ilet à Malheur, Ilet à Bourse, Grand Place, Les Lataniers, Les Orangers, Marla, La Nouvelle et Roche Plate, dominé par le Piton Maïdo.

Survol de l'île en ULM

Pour faire ce survol, nous avons choisi d'aller à la base de Cambaie, chez Félix

La vallée de Takamaka et ses cascades

Ce nom mondialement connu depuis la construction de la centrale électrique, est à l'origine celui d'un arbre que l'on trouve toujours dans les forêts de la région Basse de l'île.
Longeant les canyons profonds de la rivière des Marsouins, la vallée de Takamaka nous mène au cœur d'un paradis tropical, le cadre est unique avec montagnes abruptes, cascades et bassins. Le site détient le record mondial de pluviométrie, 6 mètres par an.
Les cinq cascades : l'Arc en ciel, Surplomb, Petit et Grand Gingembre et Petit Cimetière.
Ces cascades sont à près de 800 mètres d'altitude et viennent se jeter dans la rivière des Marsouins. Elles ont un gros débit, on se trouve dans le cirque de Salazie, cirque le plus humide de l'ile de la Réunion.

Avant d'aller à la Fournaise, nous passons par le Trou du Souffleur
Le Piton de la Fournaise

La fréquence des éruptions et l'abondance des coulées renouvellent sans cesse la configuration du piton de la Fournaise et de ses pentes et maintiennent les paysages dans une dominante minérale. Cependant dès que les laves sont complètement refroidies, des processus de colonisation végétale se remettent en œuvre.
Les lichens sont généralement les premiers à s'installer, suivis par des fougères puis par une végétation arbustive ou arborée. Le phénomène est peu sensible en altitude où les conditions climatiques sont rudes et où les buissons restent très clairsemés.
Peu de temps avant notre arrivée, la Fournaise était entrée en éruption. Le 22 août 2004, une coulée de lave d'un mètre de haut et de 50 mètres de large a traversé la route nationale reliant l’Est au Sud de La Réunion. Le seul moyen de rallier en voiture les communes de Sainte-Rose (Est) et de Saint-Philippe (Sud) est de passer par la route des Plaines. Ce qui fait passer le trajet de 10 minutes à plus d’une heure.
Pas de danger cependant pour la population, la lave s'écoule toujours vers l’océan.
Depuis 1998, une ou plusieurs éruptions surviennent chaque année. Il est parfois possible d'aller observer sur place les projections et les coulées de lave.
Le piton de la Fournaise, comme on le connaît aujourd'hui, date d'environ 4 700 ans.

Saint André : La canne à sucre, la vanille et les temples Tamouls

La canne à sucre
Elle est cultivée sur les terres réunionnaises dès le début de la colonisation au 17ème siècle. Elle est tout d'abord utilisée pour fabriquée l'arack (le rhum). On commencera à produire du sucre qu'en 1740 avec l'ouverture de la première usine sucrière. Vers la moitié du 19ème siècle, la filière canne tient la première place dans l'économie réunionnaise avec une production annuelle d'environ 600 000 tonnes.
Après 1848, la filière est en crise. Affecté par l'abolition de l'esclavage la production ne cesse de baisser. Au moment de la départementalisation en 1946, on ne compte plus que 12 usines contre 150 en 1860.

La vanille
Trois dates importantes ont marqué l’introduction de la vanille à la Réunion
Juin 1819 : Le Gouverneur de l’île décide d’introduire de nouvelles espèces de plantes. Pour cela il organise des expéditions dans le monde entier et le commandant Philibert, à la tête de l’une de ces expéditions, ramène de Guyane les premières boutures de vanille. 
Mai 1820 : Le commandant Philibert de retour d’une nouvelle expédition, présente au gouverneur d’autres boutures de vanille provenant de Manille.
Septembre 1822 : Monsieur Marchand, ordonnateur de Bourbon, ramène du Muséum de Paris des boutures de vanille du Mexique. C’est cette même variété qui sera exploitée par David De Floris, le principal planteur de vanille de Saint-André au dix-neuvième siècle.
- C’est Edmond Albius, un jeune esclave créole de Sainte-Suzanne, qui découvrira le procédé le plus fiable et pratique pour la fécondation des fleurs de vanille. Ce procédé est actuellement utilisé dans le monde entier.

Les temples Tamouls

La communauté tamoule représente 40 % des Réunionnais. Originaires de l'Inde du sud, les hindous ont érigé de nombreux temples où ils pratiquent leur culte. Les quatre coins de l'île recèlent des trésors d'architectures sur lesquels trônent des milliers de divinités aux couleurs chatoyantes. Saint André en est le berceau. On y découvre le Temple du Colosse.
La présence d'une forte communauté hindoue est dûe à la culture intensive de la canne à sucre dans cette région.

Saint Benoît - Sainte Rose - Saint Philippe
L'église Sainte Anne de Saint Benoît constitue l'édifice le plus remarquable du quartier de Sainte-Anne. Elle a servi de décor au film de François Truffaut La Sirène du Mississipi. Ici se marièrent Catherine Deneuve et Jean-Paul Belmondo, dans le film du moins!!!!
L'église vaut à elle seule la peine que l'on fasse un arrêt à Saint Benoit. C'est le père Dodemberger, qui, avec l'aide de ses paroissiens, décida d'élever cet édifice au look pour le moins surprenant à la moitié du XXème siècle. L'édifice, de style baroque, est surmonté d'une haute tour carrée s'élevant en devenant octogonale. Sur la façade, guirlandes, mascarons, tourelles, angelots, motifs floraux et bien d'autres détails, surprennent par leur abondance. En pénétrant dans l'église, la simplicité de son intérieur surprend.

L'église Notre Dame des Laves de Sainte Rose est l'un des grands lieu de culte de l'île. En 1977, une coulée de lave enfonce la barrière d'une banque, entoure la gendarmerie, brûle tout sur son passage, mais encercle miraculeusement l’édifice religieux sans le consumer. Reste de ce miracle la coulée bien nette qui entoure tout l’édifice sans l'avoir outragé. L'église suite à cet évènement est rebaptisée Notre Dame des Laves.

La présence du volcan juste au dessus de la commune de Saint Philippe nous fait passer d'une végétation luxuriante et humide à des terres désolées et rocailleuses. On y trouve la zone du grand brûlé, cette vaste étendue entre Saint Philipe et Sainte Rose où les coulées successives du volcan se déversent parfois jusqu’à l’océan. Le littoral de la commune est marqué par des falaises inaccessible, où l’océan indomptable vient se fracasser pour le total éblouissement de nos yeux. 
Un petit remontant avant d'aller manger les truites pêchées cet après midi !!!

Mon île, tu n'es pas comme les autres îles,
tu ne viens pas d'une famille d'îles
aux plages de palmiers.
Pas de filles aux colliers de fleurs
pour touristes en peine de coeur
à l'ombre de tes cocotiers.

Mon île, tu n'es pas la carte postale
pour ces vacances idéales
près des lagons de sable d'or.
Tu as choisis comme ceinture
de hautes falaises blessures
où l'océan gronde si fort.
Le long des côtes sauvages,
le charme fou des paysages
et des vaccoas insolents
jouant de la houle et des vents
laisse au voyageur de passage
une singulière image,
mêlée de bleu, de noir, de blanc,
de soleil or et rouge sang.

Mon île, tu n'es pas la fille facile,
parée de frusques inutiles,
sans un sou d'amour dans le coeur.
Tu as choisi la pureté
et tu caches bien ta beauté
au fond des cirques où bas ton coeur.

Mon île, tu n'es pas l'île enchanteresse
qu'on fait miroiter dans la presse
aux riches des riches pays.
Pour te protéger des ravages,
tu as donné à tes villages
les noms des saints du Paradis.
Mais du haut de tes montagnes,
quand la colère te gagne,
tu vomis des fleuves de sang
que tu rejettes à l'océan.
Et puis tu redeviens sage,
tu t'endors dans tes nuages,
et de longues années durant,
tu berces ton sommeil d'enfant.

Mon île, tu as réuni dans ton coeur
des gens de toutes les couleurs
comme un défit au monde entier.
Pour le pire et pour le meilleur,
tu as choisi comme âme soeur
le pays de la liberté.

Mon île, quand du soir au petit matin,
sous la fraîcheur des tamarins
ton peuple se met à danser...
au rythme lent des maloyas,
au son des tam-tams du séga,
c'est comme pour te remercier.
Et du fond de ma mémoire,
les lourdes pages de l'histoire
auront beau me rappeler
la douleur de ton passé...
Malgré les pires passages,
mon plus beau livre d'images,
c'est celui qui porte ton nom :
mon Île de la Réunion.

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